đź‡đꇷ Dix jours en Croatie, mais cette fois pour les vacances.
Je dis « cette fois », parce que les Balkans occupent une place particulière dans mon histoire, et forcément, dans mon écriture.
Dans La Robe ou le Pantalon, Paul, Bastien et Thibault prennent eux aussi la route vers la Croatie. Ils ont vingt ans, l’envie de découvrir le monde et cette forme d’insouciance propre à cet âge. Mais derrière les paysages et le voyage, ils découvrent une réalité beaucoup plus brutale : celle d’un pays en guerre.
Une drôle de guerre, à quelques heures seulement de la France. Une guerre dont on entendait parler chaque soir à la télévision sans toujours comprendre ce qui se jouait réellement sur le terrain.
Ce passage du roman ne vient pas de nulle part.
La Robe ou le Pantalon est un roman initiatique, nourri par ma propre histoire et celle d’anciens compagnons de route. Ce chapitre en particulier s’inspire de mon expérience en Bosnie-Herzégovine pendant la guerre des Balkans et de mon passage dans l’humanitaire.
Il y a ce que l’on invente lorsqu’on écrit. Et puis, il y a ce que l’on a vu.
Les routes, les villages, les frontières, les rencontres. Les regards surtout. Certaines images traversent les années sans vraiment s’effacer et finissent, parfois trente ans plus tard, par trouver leur place dans un roman.
🧳 J’aime particulièrement voyager pour cela : perdre ses repères, pour en trouver de nouveaux.
Quitter ce que l’on connaît, changer de langue, de paysages, de habitudes. Rencontrer d’autres cultures, d’autres religions, d’autres manières de vivre et de regarder le monde. Accepter, pendant quelques jours ou quelques semaines, que nos propres repères ne soient plus tout à fait les bons.
Ce sont aussi les voyages qui m’ont donné l’envie d’écrire La Robe ou le Pantalon. Les horizons rencontrés, les personnes croisées, les cultures découvertes, les questions qu’elles ont fait naître.
Avec le recul, je regarde parfois ce premier roman comme un carnet de voyage. Pas celui dans lequel on consigne les lieux visités et les kilomètres parcourus, mais celui où l’on raconte ce que le voyage a déplacé en nous. Un carnet que j’ai eu envie de partager.
C’est aussi cela, l’écriture : transformer ce que l’on a vécu, le confier à des personnages et leur permettre d’en faire une autre histoire.
Aujourd’hui, changement de décor.
Sur l’écran de l’aéroport, une destination : Split.
Plus de trente ans après, je retourne donc dans cette région. Dans un autre contexte, à une autre époque et avec un autre regard.
Dix jours pour découvrir la Croatie d’aujourd’hui, ses villes, ses îles, ses paysages, son histoire Et probablement quelques moments où le voyageur et l’écrivain se rencontreront et où les paysages réveilleront ceux d’un prochain roman.
🛫 Split, me voilà .
Ce qui traverse
Michel MATHIAS


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