Lorsque l’on évoque un roman fantastique, beaucoup imaginent immédiatement des mondes lointains, des royaumes imaginaires ou des univers entièrement inventés.
J’ai opté pour un autre choix.
L’univers des Préternaturels ressemble au nôtre.
Paris existe. L’Égypte existe. Les bibliothèques existent. Les monastères existent. Les archives existent. Les traditions spirituelles existent.
Je pars du réel puis j’ajoute une question : Et si certaines légendes étaient vraies ? Et si certains récits spirituels décrivaient des phénomènes réels, mais mal compris ? Et si les symboles religieux, alchimiques ou mystiques étaient les vestiges d’une connaissance oubliée ?
Mon passé d’ancien moine influence profondément cette manière d’écrire.
J’ai vécu dans des lieux où le silence occupait davantage de place que les paroles. J’ai fréquenté des bibliothèques remplies de textes anciens. J’ai découvert des traditions spirituelles parfois séparées par des siècles ou des continents, mais qui semblaient pourtant parler d’une même réalité sous des langages différents.
Cette matière constitue aujourd’hui l’un des fondements des Préternaturels.
Je n’écris pas un roman religieux, pas davantage un traité spirituel, j’écris du fantastique.
Mais un fantastique qui s’appuie sur des questions que les êtres humains se posent depuis toujours : qu’est-ce que la conscience ? Que devient la mémoire ? Existe-t-il des réalités invisibles ? Certaines intuitions peuvent-elles traverser le temps ? Pourquoi retrouve-t-on parfois les mêmes symboles dans des cultures très éloignées les unes des autres ?
L’univers des Préternaturels est né de ces interrogations.
Cependant, créer un monde n’est que la première étape.
Le véritable défi consiste à rester cohérent.
Lorsque j’ai commencé à écrire le troisième tome, j’ai commis une erreur classique. Comme beaucoup d’auteurs de saga, j’ai cru me souvenir parfaitement des règles que j’avais établies plusieurs années auparavant.
J’avais tort.
En replongeant dans mes notes, je me suis aperçu qu’une règle fondamentale liée au fonctionnement du surnaturel n’était plus respectée. Cette découverte a entraîné plusieurs semaines de réécriture, la modification de certaines scènes et même la suppression de personnages dans plusieurs chapitres.
Sur le moment, c’est frustrant.
Avec le recul, c’est indispensable.
Ce qui traverse.
Michel MATHIAS


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