La date du 30 juin approche. La poste faisant foi, je reste donc dans l’attente du retour d’un comité de lecture concernant Les Préternaturels.
Depuis maintenant six mois, le bilan est relativement simple à établir : vingt envois aux maisons d’édition, cinq réponses négatives et un passage en comité de lecture. Deux vagues d’envois espacées d’environ trois mois. Pour l’instant, rien de plus.
Lorsqu’on parle d’édition, on imagine souvent l’écriture, on n pense au roman terminé, au manuscrit envoyé, au livre publié. On oublie souvent cette période intermédiaire, faite d’attente, d’incertitude et de silence.
Si aucun retour n’arrive dans les prochains jours, je préparerai donc un troisième envoi. Heureusement, les maisons d’édition spécialisées dans le fantastique, l’imaginaire ou les littératures de l’étrange sont nombreuses. Elles ont des tailles, des sensibilités et des lignes éditoriales très différentes. Trouver la bonne maison demande parfois autant de travail que l’écriture elle-même.
Je ne vous cache pas qu’il est difficile de présenter une saga. Un roman unique représente déjà un pari pour un éditeur. Une histoire qui s’inscrit dans plusieurs tomes demande un engagement plus important encore. C’est un projet ambitieux que j’essaie de faire connaître et de défendre avec patience.
Qui dit troisième envoi dit aussi nouveau travail de réécriture. Le troisième, en réalité, depuis le début de cette aventure. J’y consacrerai prochainement un article entier, car la réécriture est probablement l’étape la plus méconnue du travail d’écrivain.
Pendant ce temps, je continue à construire mon univers.
J’aime dessiner. Entre deux séances d’écriture, je réalise des cartes, des symboles, des schémas ou des illustrations qui m’aident à mieux comprendre le monde dans lequel évoluent Ava, Mila, Marco et Jonas. Une dizaine de dessins accompagnent généralement chaque tome. Ils ne sont pas toujours destinés aux lecteurs. Certains servent simplement à clarifier une idée, un lieu ou une scène.
Je travaille également sur les glossaires qui accompagnent chaque volume. Lorsqu’on crée un univers fantastique, les mots deviennent des outils précieux. Ils permettent au lecteur d’entrer progressivement dans le récit sans se perdre dans les détails.
Si je devais donner un conseil aux auteurs débutants, ce serait celui-ci : ne considérez jamais l’attente comme du temps perdu. Et entre deux réponses d’éditeurs, continuez à écrire. Continuez à apprendre. Continuez à construire votre monde car u fond, le seul élément sur lequel nous avons réellement du pouvoir n’est pas la réponse d’un comité de lecture mais la page suivante.
Et pendant que les enveloppes circulent quelque part entre les bureaux et les comités de lecture, mon vieux crayon gris poursuit son lent sacrifice. Je le grignote depuis six mois. Il n’en reste plus qu’un petit bout.
J’y vois un bon signe : tant qu’il raccourcit, c’est que l’histoire continue d’avancer.
Ce qui traverse.
Michel MATHIAS


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